Dubaï – Istanbul – Europe de l'Est

Juillet 2007, Ôôôm!... sur le chemin du retour

 

indeEt voilà que pour la première fois depuis 4 ans, nous sommes amenés à faire une autre forme de voyage, une autre forme de rencontre et la découverte d'un autre langage. Le voyage cette fois-ci est immobile. Il est en nous-même. Et c'est notre tête cette fois-ci qui rencontre notre corps, pour découvrir qu'il parle un langage qu'elle n'entendait pas. La peine pour y parvenir est à la hauteur d'un col himalayen. Au prix d'éprouvants efforts de concentration, 10 heures par jour et durant 10 jours, assis en lotus dans un silence complet, nous tentons de focaliser notre attention sur nos sensations physiques, les plus infimes soient elles, en les observant objectivement, et ce, sans y réagir. Dès les premiers jours, cette conscience du corps et des sensations diverses procure un curieux sentiment de stabilité et de force intérieure. Puis nous réalisons que nous sommes attachés à des sensations de toute nature, positives ou négatives, conscientes ou inconscientes, et que la vie n'est que souffrance car on est avide de sensations en tout genre. Ah ben mince alors, la sensation "d'avoir" en fait partie. Et le pire est qu'une fois la sensation rassasiée, on en cherche une autre, et ainsi de suite. C'est pourquoi on en veut toujours plus, comme l'argent par exemple. (Force est de constater qu'il est devenu le nouveau Dieu de la terre. God is money. Certains Chinois et Indiens par exemple le chérissent ardemment! Bouddha et Shiva peuvent aller se rhabiller!). Donc pour supprimer la souffrance m'ssieurs dames, faut supprimer l'attachement à certaines sensations, certaines formes d'émotions. Etre donc le plus imperturbable possible, c'est-à-dire "équanime". Commencer avec les sensations physiques éphémères est une étape et… rester imperturbable, quand vous méditez, face aux indiens qui baillent, soupirent, rotent et pètent sans cesse autour de vous en est une autre! Quand vous aurez passé ce stade vous commencerez à être fort, serein (en pet avec vous même!). Les étapes justement ne manquent pas au cours de ces 10 jours de "méditation vipassana" pour se décrasser peu à peu l'esprit (et le nez!) et comprendre pas mal de choses que notre petite expérience cyclo-touristique nous a déjà plus ou moins enseigné : les phénomènes de coïncidence, d'énergie, de vibration et d'intuition, ainsi que la positivité et son effet rétroactif. A contrario, la négativité envers soi ou les autres devient très dommageable. Effet boomerang! Alors point d'idées noires ou de jalousie qui pourrait nous retomber sur le bout du nez, au contraire réjouissons-nous par exemple de notre chance ou de celle des autres, ça ne peut être que bénéfique!
indeTiens pour cela on va vous aider à gagner des points : réjouissez-vous qu'avec un niveau d'hygiène effrayant et un taux de débilité accru chez les chauffeurs de camions indiens, nous soyons sortis sains et sauf de ce pays! (seulement une spectaculaire gamelle de Nathalie suite à la collision avec un motard givré. Mais rassurez-vous… le vélo n'a rien!!). Par ailleurs, malgré parfois un sentiment d'oppression ou de malaise, réjouissez-vous que nous gardions un très bon souvenir de l'Inde au travers des différents accueils spontanés et de toutes ces images colorées que nous gardons en tête.

indeEnfin, réjouissez-vous que nous ayons eu la chance d'être invités pendant plusieurs jours par des français pleins d'énergie et de talent qui nous ont permis de passer de très bons moments : Bernard, Chaï et Maurice à Bombay, les cousins Anne et Alex, Adrien et Mathilde à Dubaï 15 jours plus tard, ainsi que Christel, Jean-Nicolas, Chantal et Hocine à Istanbul encore 15 jours après. L'avion est bien pratique dans ces cas là pour faire ces sauts de puce et… observer en très peu de temps des contrastes saisissants.
Ah, sachez aussi qu'avoir de la compassion envers les autres a également un effet rétroactif positif : alors compatissez (oui oui allez-y laissez vous aller), compatissez de nous savoir cravachant nos montures depuis Istanbul pour ne pas louper le rendez-vous mi-août en Autriche avec nos parents. Depuis la Croatie d'où nous vous écrivons, nous avons déjà pas mal fouetté le cochet au départ d'Istanbul pour rejoindre la Bulgarie, longer le Danube côté Roumanie, puis traverser le nord de la Serbie.
inde Un ptit peu d'huile dans les genoux et quelques petits massages des cuisses et mollets nous seront salutaires pour traverser par la suite une partie de la Hongrie, de la Slovénie et de l'Autriche très montagneuse, surtout si le coquin de vent a toujours une fâcheuse tendance à venir de l'ouest!
Mais les efforts sont bien récompensés quand la nature verdoyante offre par exemple des fruits sauvages à profusion et des campements de rêves d'où nous observons la danse des cigognes au soleil couchant, et quand on bénéficie en Bulgarie de l'hospitalité et la gentillesse de Fanny et Lucie à Plovdiv ainsi que Stanislava, Dina, Stefka et Ivan à Kazanlak. Ils nous feront à leur tour voyager dans les millénaires d'histoire de leur ville respective, sans oublier de nous faire découvrir les spécialités culinaires du pays. De quoi ne pas trop pédaler dans le yaourt bulgare et passer les Balkans le sourire en tête, et rester le plus équanime possible au vent qui souffle de face de retour dans la plaine (hum!). Malgré certains visages bulgares fermés, la traversée de ce pays ne pouvait que bien se passer quand le premier jour, face à un spectacle de danse folklorique, c'est Marin qui vient à notre rencontre et qui nous… tord le cou! Il n'est autre que le masseur chiropracteur officiel d'une fameuse équipe Italienne. Nath venait de se faire un torticolis la veille (coïncidence quand tu nous tiens). Nous voilà bien remis d'aplomb, de quoi rivaliser au compteur avec les vieilles Lada, ou tout du moins avec les nombreuses charrettes tirées par les mules ou les chevaux. Nous retrouverons aussi ce mode de transport en Roumanie, tout comme on aura aussi le plaisir de côtoyer le cœur des roumains de souche, tendre et généreux comme celui du guitariste Lucian, de Sorin et Mélika, ainsi que Georges et Maria-Anabella chez qui nous resterons de nombreux jours. Côté serbe : Uros, la p'tite mamie de 87 ans, Milenko, Rada et Milan nous ouvrent eux aussi leur cœur, leur maison et l'histoire de leur pays, le temps d'un encas, d'un dîner, d'une douche, et d'une bonne nuit dans un lit.
Voilà encore de quoi nous faire repenser pendant longtemps à ce voyage autour du globe grâce à ce sentiment d'être reliés par le cœur dans tous les continents… indePromis nous essaierons d'affûter notre plume à notre retour en France pour vous faire voyager à notre tour à travers les différents continents que nous avons traversés en espérant que cette lecture vous rende heureux… ce qui nous réjouirait et nous permettrait à notre tour de gagner des points! Eh eh eh, on a bien retenu la leçon, on perd pas l'nord. Dans un sens, ne pas perdre le nord n'est pas plus mal si on veut retrouver notre chemin et se réjouir de vous revoir pour l'automne. Bref, conclusion de comptoir : bientôt on se réjouira, vous vous réjouirez et… la boucle sera bouclée (?!...).

Oôôôôom

 

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